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L’éthique
* se définie par rapport à la morale. Imaginer une
communication de crise éthique ou une
éthique de la communication
de crise, c’est dans un premier temps définir les valeurs morales
à laquelle elle se réfère.
S’il appartient à chaque organisation, voir chaque communicant
de se déterminer par rapport à ses références et ses valeurs
morales, l’absence d’universalité de l’éthique impose donc de
déterminer a priori les valeurs de références. Ce travail peut
être facilité dans le monde occidental dans lequel il existe des
valeurs de références, construite sur notre histoire commune.
Dans la pratique, l’éthique de la communication de crise peut
se révéler plus complexe à appliquer. Prenons l’exemple de la
transparence **. Est-elle une valeur morale ? Non, elle se réfère à
une morale de la vérité. Or, la vérité est toujours complexe, trop
d’ailleurs pour les formats généralement imposés dans les supports
de communication. La vérité ne dépend pas uniquement de
l’émetteur. Elle est affaire de connaissance, de références voir
de normes pour celui qui la reçoit. Alors comment faire entrer la
vérité dans une éthique de la communication de crise ? Nous
pouvons faire un premier pas en prenant son contraire : le
mensonge ***. Une pratique de la vérité pourrait se trouver dans
l’absence de mensonge. Mais celle-ci est inesthétique : il est
plus aisé de proclamer dire la vérité que de se défendre en
précisant que l’on ne ment pas. Jules Renard et Gandhi peuvent
nous aider. Pour le premier « Il ne faut pas dire toute la vérité,
mais il ne faut dire que la vérité. ». Gandhi nous renseigne
également sur le sujet : « Mon exigence pour la vérité m'a
elle-même enseigné la beauté du compromis. »
Sur cet unique exemple, très loin d’englober une morale,
pardon, une éthique pour la communication de crise, nous pouvons
entrevoir la lourde tâche de ceux qui seront un jour amenés à
traiter de cet objet à la frontière de la philosophie, de la
sociologie, voir de la religion et de la pratique professionnelle.
Rappelez-vous, La Cène détournée de Marithé et François Girbaud
interdite d'affichage en France pour des questions de morale
religieuse et... d'éthique.
DH
* Définition du Littré :
Ethique
Adj. Qui appartient à la morale. Préceptes éthiques.
Terme de philosophie. La science de la
morale.
L'éthique politique a deux objets principaux : la culture
de la nature intelligente, l'institution du peuple, DIDEROT, Opin.
des anc. philos. (Sarrasins).
Dans le passé :
Les Éthiques, titre d'un
ouvrage d'Aristote qui traite de la morale.
Tel est le traité des caractères de moeurs que nous a laissé
Théophraste ; il l'a puisé dans les Éthiques d'Aristote, dont il
fut le disciple, LA BRUY. Disc. sur Théophr.
XIIIe s.
"Ethique, laquelle nos enseigne à governer nos meismes
premierement, à ensuivre vie honeste et faire les vertueuses
oevres et soi garder des vices, BRUN. LATINI, Trésor, p. 7.
XVIe s.
Toute leur science ethique ne contient que ces deux articles, de
la resolution à la guerre, et affection à leurs femmes, MONT. I,
238.
Terme grec signifiant moral et provenant d'un mot se traduisant
par : moeurs, habitude ; goth. sidus ; anc. haut-allem. sito ;
allem. Sitte, moeurs ; mots que l'on conjecture représenter le
sanscrit svadhâ, proprement se poser soi-même.
A lire à ce sujet :
** Livre :
La transparence en trompe l’œil, Thierry Libaert, éditions
Descartes & Cie, 2003
*** Article :
Vrais mensonges et fausses vérités, Didier Heiderich, 2003.
Actualité de l'éthique
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