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Communication de crise, où en sommes-nous dans
les entreprises européennes ?
Par Thierry Libaert, 17 août 2013
Comme chaque année en juillet, le baromètre sur la
communication des entreprises en Europe, European Communication
Monitor, apporte de précieux renseignements sur le paysage de la
communication.
Cette année, ce baromètre, qui s’est effectué sur 43 pays et 2
710 responsables de communication, contient un chapitre sur la
communication de crise.
Parmi les principaux résultats, nous pouvons noter :
• Près de 70 % des communicants européens déclarent avoir connu
au moins une crise l’année précédente. 48 % en déclarent «
plusieurs ».
Observation : pris au pied de la lettre, ce chiffre peut
sembler révélateur d’un accroissement considérable du nombre de
crises. Il peut néanmoins traduire que le terme commence à être
galvaudé et s’adapterait à toute situation particulièrement
difficile et complexe. Il est délicat de distinguer « la crise »
de « la perception de la crise ». Ainsi, si on examine les
réponses par pays, on constate que les résultats varient
fortement. Les communicants qui déclarent avoir rencontré
plusieurs crises sont en Slovénie ou en Croatie (plus de 60 %),
alors qu’en Belgique ou en Finlande, ils ne sont que 29 et 33 %.
Aucune relation Europe de l’Ouest / Europe de l’Est ou Europe du
Nord / Europe du Sud ne semble pouvoir être tirée de l’étude des
résultats par pays.
• Les principaux types de crise rencontrés par les communicants
européens sont les crises de situation institutionnelle (critique
adverse, menace de contraintes réglementaires, tentatives d’OPA),
les crises liées à un accident (rupture d’une chaîne de
production, défaillance d’un produit) et les crises liées à un
problème de management (problème éthique, succession du
dirigeant).
• Lorsque la crise émerge, ce qui apparaît le plus important
pour les chargés de communication est de fournir de l’information
(82,7 %), largement devant l’expression d’une attitude empathique
(26,8 %).
Ici également, la réponse doit être nuancée. On peut en effet
considérer que le travail du communicant n’est pas d’exprimer ses
sentiments, mais bien de fournir des informations. Deux remarques
peuvent être ajoutées : d’abord l’expression d’une attitude est
davantage le fait du Président de l’entreprise, ensuite, il
faudrait distinguer la réponse en termes d’importance stratégique
(et dans ce cas, on peut s’interroger sur la compréhension du
mécanisme des crises) ou en termes de temps passé dans la
communication de crise (et dans cette hypothèse, nous pouvons bien
sûr considérer que l’expression d’une empathie n’est qu’un volet
très réduit temporellement dans la chronologie d’une gestion de
crise).
• Les relations presse traditionnelles prédominent largement
dans la technique de communication de crise. Seuls 38 % des
communicants utilisent les réseaux sociaux contre 75,7 % pour les
médias traditionnels et 72,6 % pour un dialogue direct avec les
décideurs. La publicité n’est utilisée que par 7 % des
communicants.
Pour une connaissance des résultats d’étude en communication,
voir notre article de mars 2013 paru dans ce même magazine :
http://www.communication-sensible.com/articles/article259.php
Sources : European Communication Monitor 2013 Baromètre réalisé
par : -EACD, European Association of Communication Directors -EUPRERA,
European Public Relation Eduction and Research Association
Thierry Libaert Professeur à l’Université catholique de
Louvain.
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Par Thierry Libaert
© mai 2013 Tous droits réservés
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