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Twitter et la communication politique en
période sensible
Par Natalie MAROUN TARAUD
PDF 12 pages
Twitter et la communication politique
Si d’aucuns s’accordent sur l’importance de la communication
politique pour tisser un lien entre les Français et leurs
responsables, il leur est plus difficile de cerner le rapport de
force entre les médias et les hommes d’état. Ce rapport de force
s’exerce aujourd’hui dans le contexte sensible des élections
présidentielles en France et un espace médiatique redessiné où les
tensions sont vives.
L’espace médiatique serait en effet davantage perçu comme une
arène où le plus présent est le plus populaire, que comme un
terrain de négociations et de compromis entre un peuple et ses
représentants. L’espace médiatique est défini et régi par un
ensemble de règles, de codes et de déterminations dont les enjeux
relèvent à la fois de l’émetteur et du récepteur. Il semblerait du
coup que la méconnaissance des caractéristiques des médias sociaux
soit à l’origine d’une incompréhension mutuelle. Les discours ou
débats politiques s’adressent alors en priorité à tel ou tel
public, en fonction de la personnalité qui s’exprime, des autres
invités ou chroniqueurs sur le plateau, mais aussi de la chaîne
choisie et par extension, du moment de programmation, de
l’animateur, etc. Le pouvoir politique est-il avant tout un
pouvoir médiatique ? Sur cette arène, le public est à la fois le
destinataire et le juge des « performances » des hommes politiques
tout comme de leurs discours. Il est d’ailleurs désormais capable
de décrypter le langage médiatique, langage dont les clefs de
lecture étaient réservées jusqu’à récemment à ceux qui faisaient
l’information et ceux qui l’éditorialisaient.
L’exercice auquel nous nous proposons de nous livrer (avec
beaucoup de modestie et un peu de recul) n’est pas un manuel
destiné à expliquer l’usage des médias sociaux à nos responsables
et encore moins une évaluation de leurs performances ni de leurs
discours. L’objectif de notre analyse est de cerner les
spécificités d’un outil dont les enjeux et les modalités de
diffusion conditionnent la crédibilité des propos qu’il transmet :
Twitter
Twitter est-il un médium comme les autres ?
Nous partons d’un double constat : Twitter (le fameux réseau
social où on communique à coup de 140 caractères) est the place to
be, un terrain où se retrouvent les personnalités publiques, les
journalistes et les citoyens « ordinaires ». D’autre part, entre
la simple diffusion d’un agenda électronique et les coups de «
buzz », il y a possibilité pour une gamme d’usages basés sur
l’interaction et dont il convient sinon de dresser la
cartographie, du moins d’en évaluer les enjeux. Ces deux constats
en apparence formels nous conduisent à une série de questions.
Twitter est-il un médium comme les autres ? Les spécificités du
protocole (nombre limité de caractères, flux ininterrompu,
communauté de followers…) influent-elles sur le sens du message et
sa réception ? Pourquoi tweete-t-on et à l’adresse de qui ?
Peut-on être présent sur les médias sociaux en faisant abstraction
des protocoles d’interactivité propre à chaque médium ? Et
d’ailleurs, une personnalité publique peut-elle encore (par choix,
par peur, par non-conformisme ou par paresse) refuser de tweeter ?
L’universalité du privé
Contrairement aux autres médias où l’image publique est
planifiée, imaginée et fabriquée par le service de communication
et adressée aux journalistes ou organismes de presse, Twitter est
un outil dont il convient de se servir soi-même. S’adresser
directement aux followers (cette communauté qui a choisi de suivre
un compte), c’est donner un gage d’une communication dont
l’émetteur ne délègue pas l’énonciation à un service dédié.
D’autre part, s’adresser directement aux citoyens, c’est aussi se
donner la possibilité d’éviter de passer par les journalistes, et
par conséquent, d’échapper à la tyrannie du circuit de
l’information. Ainsi, Dominique de Villepin -dont la présence
médiatique a sensiblement régressé- investit avec ses équipes
Twitter, comme une fenêtre, un canal de communication non censuré.
Et pourtant, l’opportunité que permet l’outil Twitter de rompre
la chaîne des communicants et des journalistes et de restituer à
l’émetteur (en l’occurrence au responsable politique) son statut
d’élément moteur du schéma de la communication, suppose aussi que
le message doit correspondre au canal qu’il emprunte. En effet, si
Facebook permet de s’adresser à une communauté de lecteurs (de
fans) choisis et resserrés, Twitter a une envergure de diffusion
moins maitrisée. Toutefois, les deux médias sociaux permettent de
conserver une fluidité d’énonciation puisque le propos est ouvert
et ne s’adresse pas à un destinataire précis (sauf dans le cas où
celui-ci est expressément mentionné). Ces messages courts de 140
caractères sont d’autant plus éloquents qu’ils s’inscrivent à
mi-chemin entre le public et le privé, l’informationnel et le
communicationnel. Ils ne sauraient donc se limiter à la simple
diffusion en temps réel d’un agenda électronique public d’un
ministre ou d’un élu. Réfléchir sur les usages possibles en
communication politique de Twitter revient à s’interroger sur la
possibilité pour un homme politique d’exprimer librement ses
pensées, ses réactions, ses points de vue et de les diffuser
instantanément et sans intermédiaires. En somme, définir la
frontière entre le privé et le public. Et s’y tenir.
Capital
Le 17 juin, Eric Besson, ministre de l’industrie, de l’énergie
et de l’économie numérique s’emballait et quittait le plateau de
Capital (M6). Quelques minutes plus tard il écrivait sur le réseau
social Twitter « Ne vous excitez pas pour rien et ne soyez pas
dupes des tempêtes dans un verre d’eau. Attendez l’émission de M6
et vous verrez #Buzz-promo ». Il n’aura pas fallu plus au web en
général et à la twittosphère en particulier pour s’enflammer.
D’ailleurs, le buzz n’était-il pas annoncé en hashtag (mot-clef)
dans le propos du ministre ? Pour mieux situer le contexte, il
faut savoir que le compte @eric_besson est le compte personnel du
ministre auquel il se connecte le plus souvent via Twitter pour
iPhone. Un autre compte @cabBesson est géré par son cabinet, un
troisième @_bercy est le compte officiel du ministère et enfin, le
compte de sa community manager se charge de fédérer une communauté
de followers.
C’est donc Eric Besson lui-même qui annonce quelques jours plus
tard entre un colloque et le salon du Bourget : « #confession. En
fait Lagache a un problème d’audience avec Capital et il m’a
demandé de l’aider pour le buzz. Avec trois fois rien réussi, non
», et d’ajouter quelques minutes plus tard « #confession2. Je
rassure 1tw sur 3. C’est de l’humour. Fallait-il le souligner ?
Bon. Je vais dormir. Demain JJ Bourdin. Et là c du sérieux ». Une
fois de plus, le hashtag tient office de pacte de lecture
(détourné) : le ton est celui de la confidence, mais aussi de
l’humour. M. Besson n’aurait pas peur de l’autodérision.
Toutefois, si l’identité de l’émetteur dans ces tweets est
attestée, son statut est plus difficile à cerner : est-ce le
ministre ou l’homme (ou les deux) qui s’exprime ? Et d’ailleurs si
son compte personnel le dispense de répondre aux requêtes et
questions de ses followers qu’il renvoie vers le compte de son
cabinet, ce compte personnel justifie-t-il la diffusion publique
d’un message donné sur le mode d’une confession ? Il en résulte un
décalage certain entre l’homme et sa fonction, et un malaise pour
le récepteur qui ne sait par quel biais appréhender un humour
auquel le ministre n’a pas habitué les citoyens. Eric Besson est
inscrit sur Twitter depuis un an. Il a à son actif environ 400
tweets dont la fréquence varie selon les moments et les événements
et dans lesquels il n’hésite pas à partager sa passion pour le
football ou le sport automobile. L’exemple du ministre de
l’industrie, en dépit de l’erreur stratégique quant à
l’utilisation (déplacée) d’un humour inhabituel, nous illustre
bien que Twitter peut offrir aux personnalités la possibilité de
s’exprimer personnellement en public.
D’ailleurs, Benoit Hamon, @benoithamon un des premiers élus
inscrits sur Twitter, n’écrivait-il pas via ce même médium pas à
la date du 07 juillet 2011 « Elle 3ans ½, me regarde : tu sais
c’est quoi égalité ? Moi : je crois et toi ? Elle, c’est quand «
toutes les deux y gagnent… » #Fier ». En 140 caractères, Hamon dit
la complexité d’une discussion avec sa fille de 3 ans et demi, la
polysémie du mot « égalité », une posture où l’incertitude est
pédagogique « je crois », tout en s’exprimant à la première
personne du singulier et en mettant l’émotion ressentie en
mot-clef, en hashtag. Ici, le personnage public entretien une
logique d’ensemble de sa communication avec un respect total des
codes de twitter, entre privé (sa fille) et public (égalité :
thème philosophique et politique) dans un propos pédagogique hors
de toute justification. A qui revient alors la tâche de définir
les limites entre ce qui relève du public et ce qui appartient à
la vie privée ? Serions-nous témoins d’un bouleversement des codes
de la communication politique et des règles de la communication
sensible ?
L’écriture fragmentaire
Une double contrainte d’écriture concerne aussi la
communication politique et sa diffusion sur Twitter, la brièveté
et la discontinuité. En effet, loin des communiqués de presse ou
des interviews télévisées où la logorrhée est parfois un exutoire
à un éventuel manque d’idées, Twitter limite le temps de « parole
» à 140 caractères. Cette forme de communication par bribes,
échappe aux règles de publication éditoriale classique ou encore
aux modalités d’écriture et de diffusion des billets sur un blog.
Elle est encore plus différente des schémas d’interview où un
homme répond à un autre. Dans ses modalités énonciatives,
l’écriture sur le réseau social Twitter illustre l’ambivalence
entre une technologie permettant de diffuser un message au-delà
des limites spatio-temporelles et une volonté de communiquer,
c’est-à-dire d’adresser un message à un nombre de destinataires.
En effet, le mode de communication par statuts a été élaboré
pour permettre à une communauté de maintenir les liens sociaux et
d’évoluer en fonction d’une dynamique propre à chaque groupe.
Investir cette modalité d’écriture d’une portée communicationnelle
et a fortiori politique ou sensible, c’est détourner une
technologie à visée sociale au profit du discours d’un
particulier. Et rien n’est plus surprenant que les comptes de
personnalités suivis par des milliers de followers et n’en suivant
pas en retour. Le principal risque de cette forme d’écriture brève
réside certainement dans l’impossibilité d’étayer un propos par
une argumentation construite. Le résultat, nous le voyons souvent
: une série d’énoncés brefs, de formules chocs, de slogans. Et par
conséquent, le risque d’un discours politique purement formel. Il
existe certainement un moyen d’échapper à la brièveté : le lien
vers un blog ou un site hébergeant le propos dans son
exhaustivité. Là aussi, tout l’enjeu est d’annoncer avec le
moindre de mots possibles, l’intérêt que peut avoir le lien, ou un
bref aperçu du contenu vers lequel il renvoie. Si nous parlons
d’écriture fragmentaire, c’est surtout pour décrire le mécanisme
de diffusion qui est celui d’un flux RSS. Il en résulte une
discontinuité du discours qui limite la possibilité de constituer
les propos d’un émetteur comme un texte, c’est-à-dire comme un
ensemble sémantique clos et suffisant et dont la lecture serait
maitrisable. Tweeter serait du coup accepter qu’un propos ne fasse
sens qu’en fonction des autres propos qui l’entourent et qui
diffèrent selon les choix de chaque utilisateur de suivre tel ou
tel compte.
Information ou communication
On reproche souvent aux personnalités publiques de méconnaître
internet et ses usages et de mal maitriser leur image sur les
réseaux sociaux. Les raisons sont loin d’être générationnelles
comme le prétendent certains. Les causes seraient plutôt à
chercher dans le statut générique du discours délivré sur les
réseaux sociaux en général et sur Twitter en particulier. En
effet, l’écriture fragmentaire - que nous l’avons décrite plus
haut - laisse entendre - à tort - que l’enjeu premier d’un tweet
est le partage d’une information (brute). Le risque principal dans
l’utilisation de Twitter serait alors de le considérer comme un
canal supplémentaire pour l’autopromotion : l’annonce d’un
calendrier, d’un agenda, d’une réforme ou d’une apparition
télévisuelles, au risque de doublonner avec les communiqués de
presse et autres listes de diffusions.
Twitter est un outil qui permet de s’exprimer soi-même sans
avoir à concentrer le discours exclusivement sur soi-même. A
partir de cette distinction de l’émetteur et du sujet du message,
on pourrait tenter de définir les enjeux de la communication sur
le réseau social en contrepoint de la diffusion de l’information
brute. En effet, la diffusion d’un propos en fragments le détache
de la temporalité propre à l’énonciation globale de la TimeLine.
Il ne peut du coup acquérir son sens qu’en fonction du moment où
il est énoncé et de celui où il est reçu. Nous pouvons alors
définir une portée expressive d’un tweet en le contextualisant.
Toutefois, son enjeu conatif, impressif, se décline selon les
followers, le moment de la réception, le contexte cognitif
spécifique à chaque récepteur et constitue en somme un baromètre
de l’humeur et du lieu. C’est ce qui donne à tout discours son
sens communicationnel au delà (ou en-deçà) de l’enjeu
informationnel. Tweeter serait donc émettre un message public au
risque qu’il rencontre diverses communautés interprétatives
l’approuvant ou le réfutant. D’autre part, à la différence de la
diffusion d’une information brute, une situation de communication
se place dans une double temporalité et est adressée à la fois à
un auditoire présent et à avenir par archivage et indexation. Cela
revient à admettre que pour l’auditoire présent, un discours
énoncé peut se retrouver noyé dans le flux. Une fois de plus, la
solution empirique ne saurait être extérieure à l’outil : le
caractère éphémère du message peut être dépassé par une fréquence
réfléchie de publication. Répéter un même tweet à diverses
intervalles revient à le contextualiser autant de fois. L’autre
façon de pérenniser un tweet consisterait à lui donner une plus
grande envergure de diffusion par divers protocoles d’interaction.
Cela nous conduit indubitablement à nous interroger : pour qui
tweete-t-on ?
Société d’influents et protocoles d’interactivité
Twitter ressemblerait (comme les autres réseaux sociaux
d’ailleurs) à une agora où la parole est donnée à qui la réclame.
Toutefois, contrairement aux débats démocratiques où les
interventions des uns et des autres se suivent, sur Twitter, la
simultanéité de l’énonciation peut vite transformer le débat en
une véritable cacophonie où les sons se superposent, s’influencent
et se remplacent sans réelle harmonie sémantique. Ceci est
d’autant plus perceptible face à des événements propices à
l’emballement médiatique ou face aux événements qui peuvent
susciter des émotions collectives fortes –contradictoires ou pas-
: peur, compassion, sidération, etc. Ainsi l’arrestation de
Dominique Strauss-Kahn, et les multiples réactions qui l’ont
accompagnée, que les médias appellent depuis l’affaire DSK, a
déclenché des centaines de tweets à la seconde dans la
twittosphère française en particulier. Dans ces conditions où il
est impossible pour un citoyen ordinaire de percevoir la masse
d’énoncés dans leurs exhaustivité, les « règles du jeu » stipulent
qu’un émetteur doit accepter que sa voix se dissolve dans le bruit
immense de l’agora et de laisser ses propos se fondre dans la «
manne médiatique » produite par autrui. Car la portée expressive
sur Twitter est indissociable des protocoles d’interactivité basés
sur les commentaires, détournements poétiques et autres
rétroactions que peuvent engendrer les fragments. En effet,
Twitter n’est pas un simple outil de diffusion puisqu’il permet à
chaque usager de se réapproprier le message d’un autre émetteur en
le retweetant. Citer les propos d’autrui participe certainement
d’une redistribution virale du message. Toutefois, l’enjeu de la
citation réside aussi dans le fait qu’elle réinterprète le propos,
le prend à contre-pied, en déplace le sens en y greffant un
commentaire. On peut se demander du coup les raisons pour
lesquelles les personnalités publiques ne retweetent que rarement,
notamment dans les cas où les propos les concernent ou s’adressent
à elles. On peut par ailleurs s’interroger pourquoi les questions,
reproches et autres accusations que leurs adressent les
internautes restent souvent sans réponse. Sans doute espèrent-ils
que ces voix critiques iront se fondre rapidement dans la masse
des propos et disparaitront dans le flux. C’est pourtant là que
réside l’enjeu de Twitter dans la communication politique, dans la
possibilité d’instaurer un dialogue direct. Et un dialogue ne
saurait exister sans la réponse de la personne interpellée.
2007-2012 de l’empire de l’image à l’hégémonie du verbe
Avec les réseaux sociaux, une nouvelle ère en communication
politique est-elle en cours ? La campagne de 2012 est-elle placée
sous le signe du verbe, des petites phrases et autres slogans
politiques ? En 2007 commençait en France ce que les sociologues
des médias ont appelé l’ère du « téléprésident » . La politique
semblait tributaire d’un mode d’action et de communication dont le
petit écran définissait le format, la fréquence et les codes. Et
pourtant, la rencontre entre le président et la télévision,
l’ubiquité médiatique, a vite montré ses limites. Le public est tv
literate : les codes de la télévision, il les connaît à force
d’avoir fréquenté le petit écran où déjà plusieurs campagnes
présidentielles se sont jouées. Sur ce même écran, plusieurs
crises politiques se sont déclinées en autant de feuilletons où
les dérapages sont perçus comme des rebondissements que
l’emballement médiatique transforme en un divertissement populaire
où le suspens garantit le spectacle. Ce que nous montre une
observation des nouveaux comportements médiatiques, c’est que, à
quelques rares exceptions, les hommes politiques maîtrisent moins
les usages et les codes des réseaux sociaux que les citoyens
internautes auxquels ils s’adressent et pour qui, la proximité
politique prônée dans les réseaux sociaux en général et sur
Twitter en particulier est un trompe-l’œil.
Les risques des mésusages et des abus sont légion. Le premier
est de croire que Twitter est un outil où la quantité prime et où
le plus influent est celui qui a le plus grand nombre de followers
ou de messages émis à son actif. L’autre risque est celui de
l’extrême brièveté, des slogans et des formules choc, aux
antipodes de la tradition oratrice et des possibles qu’offre un
passage télévisé ou une interview dans la presse. Enfin, le risque
ultime concerne les limites du langage performatif. En effet, le
verbe est une étape précédant l’action, l’annonçant et ne peut en
aucun cas se substituer à son accomplissement. Qu’est ce qui
compte en somme, dire ou faire ?
N.M.T.
Natalie MAROUN TARAUD est docteur, chercheuse au
laboratoire Fabula de l’Ecole Normale Supérieure (ENS) et
enseignante en communication à Cergy. Elle est une spécialiste des
médias et de la narration.
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Twitter et la communication politique
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