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Le spectre de la crise canicule a bien été présent tout le long
de l’été. Il suffisait que la température s’élève de quelques
degrés pour que les conseils d’hydratation soient renouvelés et
que nos politiques fassent une déclaration. L’ampleur des
soubresauts liés à l’Irak a occulté des nombreuses crises
potentielles et l’été fut calme.
Calme, mais riche d’enseignements.
D’abord, la sortie du film « Super size me » le 30 juin dernier
aurait pu engendrer une crise pour Mc Donald’s. Le groupe
multinational a prouvé, une fois de plus, que les stratégies du
silence n’étaient pas à bannir systématiquement. Mc Do a choisi la
discrétion pour rebondir ensuite par une campagne publicitaire
adroite autour de l’athlétisme féminin.
La SNCF avait choisi avec succès cette même stratégie lors de
la sortie du livre : SNCF, la machine infernale, au printemps
dernier.
Fin juillet le rapport de la commission d’enquête américaine
sur les attentats du 11 septembre fut publié : l’information
dominante pour le gestionnaire de crise réside en ce que la
quasi-totalité des informations liées à la préparation des
attentats avait été recueillie, mais leur collecte et leur
synthèse furent traitées légèrement. C’est une constante de
nombreuses crises ; de nombreuses entreprises ou organisations
pensent se mettre à l’abri des crises en mettant en place des
organismes sophistiqués de veille stratégique pour anticiper les
crises. Or, le problème provient souvent non de la détection de la
crise potentielle, mais de l’efficacité des mécanismes d’alerte et
d’action correctrice.
Après avoir épinglé l’agence de mannequins Elite en 2001, la
BBC a déclenché une nouvelle crise à 15 jours de l’ouverture des
Jeux Olympiques en démontrant la corruption qui peut y régner. Le
mouvement olympique a choisi la même stratégie qu’en 1999 après la
médiatisation de la corruption liée à l’attribution des Jeux à
Salt Lake City. A l’époque, Le Monde (26/01/1999) avait titré : «
Pour sauver la face, le mouvement olympique sacrifie six des siens
». C’est la même stratégie du bouc émissaire qui est à nouveau
employée avec de nouvelles évictions. Sur le sujet, on lira avec
intérêt le chapitre consacré au « lobbying » pour l’obtention des
J.O. dans l‘ouvrage d’Ali Laïdi : Les secrets de la guerre
économique (Seuil). Le domaine sportif fut d’ailleurs l’objet de
beaucoup d’attentions estivales, la sortie d’un ouvrage sur Lance
Asmtrong quelques jours avant le début du tour de France a relancé
les suspicions de dopage et le retrait de Zidane de l’équipe de
France apparut à beaucoup comme une crise majeure.
Nous vous souhaitons une excellente reprise, en pleine forme
pour affronter les nouvelles crises qui se profilent et surtout
celles qui ne se profilent pas.
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