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Vous connaissez la théorie du chaos ? Ses principes peuvent
illustrer une des difficultés de la communication de crise : les
relations de causes à effets.
L’image est connue : le battement d’aile d’un papillon
en Corrèze (pourquoi pas en Corrèze ?) peut provoquer un ouragan
en Californie. Cette sublime explication appelée " effet
papillon " nous vient de Edward N.Lorentz du M.I.T qui dans les
années 60 travaillait à une modélisation de la convection
thermique dans l'atmosphère. Comme il était impossible de résoudre
les équations différentielles qui permettent de modéliser le
système étudié et donc de prévoir l’avenir (nous nous approchons
du sujet), Lorentz eu l’idée de faire varier les conditions
initiales (le battement d’aile) et de placer sur un graphique les
résultats obtenus point par point. C’est ainsi que l’histoire
retiendra la naissance des attracteurs étranges (poétique non ?).
L’image obtenue, loin d’être chaotique, révèle une esthétique
qui montre donc qu'une dynamique très complexe peut apparaître
dans un système formellement très simple. Dans le champ des
possibles apparaît ainsi des "bassins d'attraction" vers lesquels
se dirigera plus volontiers le futur… sans pour autant pouvoir le
prévoir.
Ainsi, la communication de crise relève d’une multitude
de causes, d’interactions et d’itérations qui chacune
d’entre-elles peut influer sur le futur. Alors que penser de ce
modèle ? Est-il non déterminisme ? Sûrement, le déterminisme
n’existe plus que dans l’esprit des astrologues sincères ou encore
de quelques gourous de la guerre de l’information. Prédictif ?
Peut-être, mais uniquement sur la détermination des bassins
d’attraction dont la subtilité dépasse le traditionnel tableau des
" +++ / --- " cher aux cours de com. Prudent ? Certainement, car
il incite à la modestie : en effet, il est toujours utile d’imager
qu’un battement de porte de votre bureau pourra vous entraîner
dans un ouragan médiatique…
Finalement vous vous demandez comment prendre en compte
" l’effet papillon " dans votre gestion de crise ? Simplement en
ne l’oubliant pas : vous changerez au moins positivement un des
multiples paramètres des équations qui régissent la communication
de crise.
Biblio :
- I. Stewart, Dieu joue-t-il aux dés ? Les mathématiques du
chaos, Flammarion, Collection Champs, Paris, 1994
- Jean-Paul Delahaye, Information, complexité et hasard,
Editions Hermès, Paris, 1994
Rédacteur : Didier Heiderich
www.communication-sensible.com
Le Mercredi 14 Février 2001 © Tous droits réservés
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